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FUITES URINAIRES : 7 idées reçues totalement FAUSSES

Il existe encore aujourd’hui de nombreux sujets que notre société considère comme tabou. Les fuites urinaires chez les femmes, la santé de notre périnée en général en font largement partie, véhiculant ainsi de nombreuses idées reçues.

Ce tabou n’est pas récent. Dans l’ancienne nomenclature anatomique, le nerf qui innerve l’ensemble de la zone du périnée s’appelait le nerf honteux. Incroyable, non ?! Son appellation est maintenant le nerf pudendal, terme issu du latin pudendus qui signifie honteux… Même si le nom a changé, l’idée reste la même !   

Lorsqu’il est difficile de parler ouvertement d’un problème de santé finalement assez commun (oui ! les fuites urinaires sont très fréquentes), la conséquence est de voir circuler beaucoup de mauvaises informations, d’idées reçues et de mythes. Nous méritons toutes des informations de qualité, fiables qui nous aideront à prendre les bonnes décisions pour notre santé et notre bien-être.

C’est dans cet esprit que nous allons ensemble faire le tour des 7 principales idées reçues autour de l’incontinence urinaire chez les femmes.  

Idée reçue n°1 : Il est normal d’avoir des fuites urinaires dans sa culotte lorsque l’on a un fou rire 

Nous avons toutes ce souvenir d’une tante, collègue, amie qui a un éclat de rire et qui nous dit : “J’ai tellement ri que j’en ai fait pipi dans ma culotte.”  

femme sénior rit aux éclats avec lunettes noires

Vous souvenez vous avoir été choquée de cette phrase ? Il est fort à parier que non vous n’avez pas été choquée, voire même que vous avez trouvé cela normal. 

Ces fuites qui peuvent se produire en plein fou rire ou lors d’un éternuement, une quinte de toux, sont des fuites à l’effort.  Elles sont dues à une faiblesse musculaire du périnée qui n’arrive pas à supporter la pression exercée et ainsi maintenir fermé le col de la vessie.  C’est ainsi qu’il peut y avoir quelques gouttes, voire parfois davantage, qui s’échappe dans le sous-vêtement. Si cela vous est déjà arrivé, pas de panique !  En revanche, il est essentiel d’aller en parler à votre médecin généraliste ou gynécologue lors de votre prochaine visite ou même à un urologue si vous en avez l’occasion. 

Voici le témoignage d’Estelle, 38 ans : “ C’est avec le recul que je me rends compte que j’avais des fuites urinaires lorsque je pratiquais la gymnastique sportive autour de mes 15 ans. Je n’ai pas eu l’idée d’en parler à l’époque et donc j’ai arrêté. C’est lors de ma spécialisation en périnéologie en tant que kinésithérapeute que je me suis aperçue que ce n’était pas anodin”. 

Idée reçue n°2 : Les fuites urinaires n’arrivent qu’aux femmes d’âge mûr 

Il est vrai que les chances d’avoir des fuites urinaires augmente avec l’âge, en particulier au moment de la ménopause. La variation naturelle des hormones entraîne un relâchement des muscles. et donc augmente le risque de survenue de fuites.  

Cependant, les origines de l’incontinence urinaire chez les femmes sont multiples :  accouchements, grossesses, désordre neurologique, constipation chronique, chimiothérapie, infections urinaires à répétition, activité sportive intense,… .  

Les fuites urinaires peuvent arriver à n’importe quel âge chez une femme. Des jeunes filles peuvent également être concernées.

Voici le témoignage de Manon, 23 ans : “ Depuis mon adolescence, je souffre d’incontinence urinaire d’effort. Mon pire souvenir était lors d’une séance sportive à la corde à sauter avec mon entraîneur. Je me suis rendue compte à la fin que j’étais complètement mouillée entre les jambes. Depuis, je fais très peu de corde à sauter et j’appréhende toujours la fin des exercices intenses.” 

En effet, beaucoup de sports à fort impact (athlétisme, course à pied, trampoline,…) peuvent causer des dommages à votre plancher pelvien.  De nombreuses sportives ont les muscles du périnée très contractés ce qui peut également être source d’incontinence. Des études estiment à environ 10% la proportion de sportives de haut niveau ayant des fuites urinaires régulièrement.  

En résumé, l’âge est un facteur de risque mais ce n’en est qu’un parmi tant d’autres. 

Idée reçue n°3 : C’est normal d’avoir des fuites urinaires quand on a eu des enfants  

C’est vrai que la grossesse et l’accouchement sont deux événements qui favorisent le risque de fuites urinaires. Cependant, avoir un enfant ne rime pas systématiquement avec incontinence. Même si le périnée peut se retrouver fragilisé après la naissance, une rééducation périnéale adaptée réglera le problème dans la majeure partie des cas.    

femme enceinte portant tee-shirt blanx

Comme nous l’avons vu précédemment, les fuites urinaires ne sont pas uniquement causées par les grossesses et les accouchements. Il peut donc tout à fait arriver à une femme n’ayant jamais eu d’enfant d’avoir des fuites.

En parallèle, il existe également des femmes ayant vécu trois accouchements par voie basse qui n’ont pas de fuites ! Ceci peut s’expliquer par des tissus conjonctifs et des ligaments de bonne qualité, une bonne forme physique, une prise de poids limitée pendant la grossesse et une bonne rééducation périnéale. 

Plus d’informations sur le déroulement d’une séance de rééducation périnéale en cliquant ICI.  

Idée reçue n°4 : Faire le stop-pipi régulièrement va rééduquer mon périnée.  

L’exercice du stop-pipi consiste à arrêter le jet d’urine pendant la miction (action d’uriner) en contractant le périnée.

Il est assez répandu de croire que cet exercice va remuscler notre périnée et ainsi régler le problème des fuites urinaires. Grosse erreur ! C’est tout l’inverse qui va se produire !  

Le fait d’arrêter plusieurs fois la miction va complètement perturber le réflexe naturel de relâchement de la vessie. De plus, ces interruptions intempestives vont favoriser la stagnation d’urine et ainsi contribuer aux infections urinaires.  

Pour une bonne santé de votre périnée, il est donc essentiel de vider intégralement la vessie sans interruption.  

Les exercices de contraction du plancher pelvien sont primordiaux pour venir à bout de l’incontinence urinaires chez les femmes. Pour qu’ils soient efficaces, ils sont à faire en dehors des toilettes !  

Plus de détails sur les exercices de rééducation pelvienne en cliquant ICI.

Idée reçue n°5 : Certaines femmes ont une petite vessie et ont donc besoin d’aller très régulièrement aux toilettes. 

Il est vrai que toutes les femmes n’ont pas exactement la même taille de vessie. En moyenne, une vessie peut contenir entre 300 et 600 ml. Même si la taille de votre vessie est dans la partie basse de la fourchette, vous pouvez très nettement tenir 3 ou 4 h entre chaque miction.   

Actuellement, on considère que 7 à 8 mictions par 24h est un rythme normal.  

porte toilettes bois verte nature

Le fait d’aller très souvent aux toilettes vient plus d’une habitude apprise que d’un réel problème de taille de vessie. Quand on parle d’habitude, c’est ici vraiment le cas d’aller faire pipi “juste au cas où”.  

Par exemple : 

  • Je vais aux toilettes avant de partir de chez moi par précaution alors que j’y suis déjà allée une heure avant. 
  • Je vais aux toilettes dès que j’arrive au bureau le matin.  

Ce mécanisme d’aller aux toilettes alors que l’on n’a pas une véritable envie envoie au cerveau une mauvaise information : vous dites à votre vessie qu’elle se vide alors qu’elle n’est pas pleine.  

A force de répéter quotidiennement cette mauvaise habitude, la vessie aura intégré qu’il faut qu’elle se vide alors qu’elle est à moitié pleine. C’est ainsi que vous créerez ce besoin d’aller uriner toutes les 1 à 2 heures. 

La bonne nouvelle est qu’il est possible de rééduquer sa vessie ! Le principe de la rééducation vésicale est de rallonger progressivement le temps entre 2 passages aux toilettes et ainsi d’entraîner votre vessie à contenir de plus grande quantité d’urine.  

Vous pouvez également découvrir notre article 5 conseils pour réduire les envies pressantes.

Idée reçue n°6 : C’est normal de forcer/pousser pour vider sa vessie 

Non, ce n’est pas normal de devoir forcer pour uriner. Ce trouble de la miction s’appelle la dysurie. Le fonctionnement normal de votre corps pour uriner est de relâcher votre sphincter urinaire qui va laisser s’ouvrir le col de la vessie. Celle-ci pourra donc se vider sans devoir forcer. Le processus normal de la miction est de se détendre !  Si vous devez pousser ou forcer pour uriner, il est indispensable d’aller consulter un médecin pour faire le point et comprendre d’où vient cette dysurie.  

C’est la même chose lors ce que l’on va à la selle. Aujourd’hui, des études montrent que 8 femmes sur 10 ont des problèmes de constipation. La constipation est l’un des facteurs majeurs de survenue ou d’augmentation du risque de fuites urinaires. En effet, lorsque l’on pousse pour aller à la selle, une pression très forte est exercée sur le périnée. Si cette pression se répète régulièrement, le périnée va très vite se fatiguer et montrer des signes de faiblesse.  

Pour en apprendre plus sur l’alimentation adaptée à un bon transit, découvrez notre article 9 aliments à toujours avoir chez soi pour éviter la CONSTIPATION.

Idée reçue n°7 : Si je bois moins de liquide, j’aurai moins de fuites.  

En réalité, c’est presque l’inverse qu’il faudrait faire !  En effet, boire moins d’eau rend l’urine plus concentrée et donc plus irritante pour la vessie. Cette irritation va avoir tendance à “ chatouiller “ votre vessie et créer des fausses urgences – des envies incontrôlables.  

Pour résumer : une vessie bien hydratée est une vessie heureuse !  

Les seuls liquides qu’il faut réduire sont ceux qui sont connus comme étant irritant pour la vessie tel que l’alcool, le café, le thé ou les boissons très sucrées (sodas).  

Privilégier plutôt l’eau et les tisanes. L’apport en liquide peut se faire également au travers de l’alimentation grâce aux soupes, aux légumes et fruits riches en eau tels que les concombres, radis, salades, melons, pastèques, fraises… 

L’idéal est donc de boire entre 1,5 et 2L par jour réparti de façon régulière sur la journée.  

Quelles autres idées reçues avez-vous entendu au sujet des fuites urinaires chez les femmes ? Partagez-la en commentaires et nous vous répondrons avec plaisir !  

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